AIMER LA VIE - 2

AIMER LA VIE - 2

Menu

Dévotion

1162 Poème de couleurs
1162 Poème de couleurs

Je commence à comprendre pourquoi les maîtres tibétains répètent sans cesse que la dévotion est l’aspect le plus important de la voie spirituelle.

Car la dévotion concerne l’ouverture du cœur, celle qui permet, dans la Voie dorée* de Richard Rudd*, de passer de l’ombre à la lumière. La dévotion est le siddhi* de la clé génétique* 29 (tiédeur, engagement, dévotion). C’est l’ouverture du cœur à un principe supérieur (Dieu, le Bouddha, le Tao, la pure conscience, l’éveil) ou à un maître qui représente ce principe et nous le transmet. Dans la vraie dévotion, il y a la foi, l’amour, le respect, l’admiration et la soumission ; et tous ces aspects, comme la dévotion elle-même, sont inconditionnels.

La dévotion pour le maître ne dépend pas de sa sagesse et de ses paroles : celles-ci s’adressent à l’esprit, pas au cœur. L’étude des textes sacrés et des enseignements, et leur compréhension intel­lectuelle, concernent le mental ; alors que le cœur, lui, se nourrit lors des cérémonies, des rituels, des pèlerinages et des pratiques dévotionnelles.

On peut ressentir une très forte dévotion en assistant à un enseignement dans une langue étran­gère qu’on ne comprend pas, et en recevoir un plus grand bienfait et une plus grande réalisation qu’en écoutant un enseignements dans sa langue maternelle. J’en ai fait souvent l’expérience – avec Ajahn Buddhadasa*, Harada* Sekkei Roshi, Dilgo Khyentsé Rinpoché, le Dalaï-Lama, et d’autres maîtres ; ou en coupant le son de certaines vidéos de Mooji*.

Les aspects dévotionnels de la religion sont plus puissants que l’approche intellectuelle qui les a souvent remplacés dans les sociétés laïques.

Les autres effets de l’ouverture du cœur sont l’amour et la compassion pour tous les êtres ; ils sont aussi une forme de dévotion – pour le monde et ses créatures, pour la manifestation phénomé­nale : l’aspect relatif de la réalité qu’il ne faut ni négliger ni oublier en faveur de l’absolu. « La vue de l’absolu doit être aussi vaste que le ciel, mais la dévotion pour le relatif aussi fine que des grains de farine », disait Padmasambhava. Les deux sont inséparables, et leur union se fait dans le cœur, pas dans le mental.


Voie dorée (Golden Path) : Voie spirituelle développée par Richard Rudd à partir du système des Gene Keys. La fondation de cette voie est le Spectre de la conscience. 

Rudd (Richard) (né en 1967) : mystique, poète et maître spirituel anglais. Un des premiers adeptes du Human Design, Richard Rudd a reçu par la suite la révélation du système des Gene Keys, qu’il enseigne depuis 2002.

* Siddhi : dans le système des Gene Keys développé par Richard Rudd, le Spectre de la conscience révèle que chacun des soixante-quatre aspects de la personnalité humaine (symbolisé par une clé génétique, un hexagramme du Yi Jing ou une porte du Human Design) comporte trois attitudes fondamentales qui correspondent à trois niveaux de conscience : une attitude négative (celle de la victime) : l'ombre ; une attitude positive (celle de l'être en chemin) : le talent ; et une attitude éveillée (celle de l'être accompli qui a transcendé la dualité des deux autres) : le siddhi. 

Clé génétique : traduction française de Gene Key. Terme utilisé, dans le système des Gene Keys, pour nommer les soixante-quatre aspects de la personnalité humaine (qui correspondent aux 64 portes du Human Design et aux 64 hexagrammes du Yi Jing). 

Buddhadasa (Ajahn) (1906-1993) : ordonné moine à l’âge de vingt ans, Ajahn Buddhadasa fonda en 1932 le monastère de Suan Mokkh, qui fut le premier monastère de la forêt dédié à la méditation dans le sud de la Thaïlande. Son dernier projet, dans les années 1980, fut d’établir à Suan Mokkh un centre international de Dharma qui organise régulièrement des cours et des séminaires sur le bouddhisme et des retraites de méditation. Ajahn Buddhadasa fut, avec Ajahn Chah, un des maîtres thaïlandais les plus influents du vingtième siècle. J’ai eu la chance de suivre son enseignement de 1988 à 1993.

Harada Sekkei Roshi (1927-2020) : abbé d’Hosshin-ji, monastère zen de l’école soto situé à Obama, sur la côte nord-ouest du Japon. Harada Roshi accueillait volontiers les étrangers, moines et laïques, dans son monastère.

Mooji (né en 1954) : d’origine jamaïcaine, Mooji fut un disciple de H.W.L. Poonja. Il enseigne l’advaïta vedanta dans la tradition de Ramana Maharshi et vit à Monte Sahaja, au Portugal, dans l’ashram qu’il a créé.

 

17 mars 2015, Chiang Mai

Site créé par Pierre Wittmann